Nos émotions : Une condition humaine

Publié le 19 Novembre 2014

Dernièrement, j'ai rencontré des personnes qui semblent avoir un problème avec leur condition humaine...

Alors qu'est ce que pour Moi la condition humaine ?
C'est le fait d'être dans un corps humain, soumis aux limites de ce corps.
Les limites étant : le besoin de nourriture pour avoir de l'énergie, le besoin d'un minimum de muscles pour être mobile et nos systèmes physiologiques et biologiques, qui fonctionnent ou dysfonctionnent, mais qui sont la mécanique incroyable de notre corps ; une machine parfaite des plus évoluées à mon avis...

Alors ce corps, soit on l'accepte, soit on le rejette. Je me suis interrogée sur les raisons qui pouvaient pousser quelqu'un à rejeter son corps.

Déjà vous aurez constaté que je vois l'être humain DANS un corps et non comme un corps... Je le vois ainsi parce que je considère le corps comme un véhicule de l'âme.

L'âme est un concept auquel on croit ou non, certains la nommeront "conscience" et j'imagine qu'elle peut être représentée de multiples façons, pour ceux qui l'intègrent à leur vision de l'être humain. Je vous dirai bien que si vous ne croyez pas à l'âme, cet article ne vous intéressera pas, mais ce n'est pas si sur... Pour la simple et bonne raison, que les personnes que j'ai rencontrées qui ont un problème avec leur condition humaine, ne croient pas à l'âme. Ils se revendiquent même assez souvent mécréant.

Alors comment avoir un problème avec les limites corporelles quand on ne croit pas à l'âme ? Et bien peut être parce qu'ils pensent être un esprit. Je pourrai supposer que l'esprit et l'âme sont la même chose, mais pour avoir discuté de la question avec eux, ce ne serait pas le cas...

En ce qui me concerne, je n'ai pas envie de théoriser sur ce qu'est l'esprit ou l'âme et en fonction de quel point de vue. Sans doute parce que ce n'est pas le propos du sujet, ensuite parce qu'à mon avis tout est question de définition des concepts philosophiques, mais j'espère que nous pouvons nous entendre sur le fait, que sans définir si nous sommes une âme et/ou un esprit, nous sommes sans aucun doute un/dans un corps.

Et ma question reste entière, qu'est ce qui dans le corps peut nous poser un problème tel, que nous rejetons ce corps ?
Je vois assez bien la piste de la mortalité ; le corps est mortel, le corps vieillit, le corps vieillit mal, si on n'en prend pas soin, le corps peut être malade, le corps peut nous faire souffrir.

Et c'est précisément là, où je souhaitais en venir ; ces personnes me disent : "mon corps me fait souffrir". Voyez-vous la tournure ? Ils ne disent pas : "je souffre" (dans mon corps), ils disent : "mon corps me fait souffrir". On est facilement tenter de leur dire : "où as-tu mal ? Quelle est la partie de ton corps qui te fait souffrir ?" Et à ces questions, il n'y a pas de réponses, parce que leur souffrance n'est pas une douleur physique, comme un bleu, un mal de dos, ou une foulure. Leur douleur est une souffrance émotionnelle.

Avez-vous conscience que les émotions sont physiques ? J'entends souvent dire, quand on veut compartimenter ce qui nous compose, que nous sommes un corps, des émotions, un esprit et/ou une âme... Comme si nos émotions étaient des entités individuelles abstraites. Peut être que la première erreur sur la réalité de notre condition humaine est celle-ci : nos émotions ne se situent pas en dehors de nous, mais bien au dedans, elles ne sont pas abstraites mais réelles, et elles existent sous une forme physique avant d'être psychique.

Quand on ressent une émotion, on pense souvent qu'en réponse à un évènement extérieur, le cerveau envoie au corps la "bonne" émotion à ressentir. Hors la réalité est toute autre ; c'est le corps qui réagit au contexte extérieur et qui transmet au cerveau les informations à traiter. C'est pourquoi ressentir des émotions est une des limites du corps, et cela fait parti de notre condition humaine.

Est ce que vous me suivez toujours ? Si vous ressentez des émotions, plus particulièrement celles qui vous font souffrir, et que vous ne voulez pas ressentir cette souffrance, alors votre corps peut devenir votre pire ennemi, puisqu'il vous impose des émotions qui vous encombrent, qui vous mettent mal, que vous subissez et tout cela peut être insupportable à vivre, si vous rejetez vos émotions, soit votre corps, soit votre condition humaine. Une fois que vous êtes là, que reste-t-il ? Souvent malheureusement le manque d'envie (en vie) de vivre, et parfois l'envie de mort.

Je ne souhaite pas faire de généralisations, ni proclamer que ce serait le mal de notre siècle, mais si certains ont conscience de leur condition humaine et essaye de la nier (sans y arriver), le pire n'est-il pas quand ils arrivent ? à la nier, à se nier ? Ces personnes que j'ai rencontrées souffrent, et même si elles veulent fuir leurs émotions, elles ont au moins le mérite de les ressentir et donc d'être vivant. Mais j'en croise tant d'autres qui ne savent pas qu'elles souffrent, qui ignorent leurs souffrances, elles les ont enfouis tellement profondément, qu'elles ne les sentent pas/plus, elles ont presque oublié ce que c'était que d'être humain, de ressentir des émotions, de savoir ce qu''elles sont, à quoi elles servent et quoi en faire. Parce que dans le fond, si on n'est pas connecté à nos émotions, en quoi sommes-nous humain ? qu'est ce qui nous différencie des machines ? Les émotions sont à mon sens un cadeau merveilleux, un outil performant, le meilleur atout de notre condition.

Si on est connecté à nos émotions, nous avons les moyens de jauger en permanence notre état, nos besoins, nos limites, nos envies, et d'agir en fonction de ces informations précieuses pour interagir de façon adaptée avec notre environnement. Nos émotions nous donnent tous les indicateurs nécessaires pour évaluer une situation. Mais si nous sommes déconnectés de nos émotions, alors notre perception de l'environnement est entièrement fondée sur notre intellect, et il prendra des décisions qui ne seront pas toujours en adéquation avec notre vivant et ce/ceux qui nous entourent, puisque pour sentir les autres, être en harmonie avec, il faut de l'empathie, soit une intelligence émotionnelle inexistante, si nous sommes déconnectés de nos émotions.

Je m'aperçois que je ne cesse de parler d'émotions et qu'à aucun moment je ne les ai nommé, ni détaillé. Les émotions naturelles sont : La joie/amour, la peine/tristesse, la peur, la colère, l'envie (souvent ignorée), la surprise et le dégout/mépris. Toutes ces émotions ont des déclinaisons, qui précisent de nombreuses nuances, importantes pour l'expression, mais peu utiles pour la compréhension de nos émotions, puisque chaque "sous" perception prendra toujours sa source dans l'une des émotions principales.

Être déconnecté de ses émotions est un problème, mais ce n'est pas le seul. Le second problème est la "BONNE" interprétation de ses émotions. C'est à dire que suivant notre parcours de vie et plus particulièrement lors de notre prime enfance, comment avons-nous accueilli ou non nos émotions ? Et comment avons-nous appris à les exprimer/traduire en mots ? Il s'avère que la grande majorité de nos parents n'ont pas appris à respecter leurs émotions, et comme l'on ne peut transmettre, ce que l'on ne sait pas, bien souvent on reproduit ce que l'on connait, et donc on n'a pas pu (et non voulu) enseigner à nos enfants ce qu'est une émotion, telle émotion, à quoi elle sert, comment la gérer, et quoi en faire, pour être/rester en contact avec.

Pas de pessimisme ! Rien n'est perdu ! Vous vous sentez peut être un peu concernés par ce que je raconte et peut être vous reconnaissez vous. Nous sommes nombreux, moi y compris, à être entrés dans la vie avec cet handicap, mais il n'est jamais trop tard pour comprendre tout cela, pour prendre conscience et décider d'apprendre par soi-même pour soi, ce que nos parents n'ont pas pu nous livrer.

Si faire un travail sur soi est un incroyable voyage intérieur, pour se connaître, il me semble totalement superflu s'il reste à un état mental. Travailler du ciboulot, c'est nécessaire pour visualiser le puzzle de son histoire personnelle, la prise de conscience passe par l'esprit mais pas seulement. Savoir c'est bien, pratiquer c'est mieux. Les résultats d'un travail personnel ne peuvent s'observer que par le vécu et pour obtenir des résultats il faut passer tôt ou tard du mental au physique. Tout ça pour dire qu'on aime bien se triturer le cerveau, et que de la même façon que l'on peut penser que c'est le cerveau qui nous dicte nos émotions, alors que c'est le corps, il est possible de faire son travail personnel par le corps, c'est à dire de l'émotion à la psyché et pas uniquement de la psyché à l'émotion.

De mon point de vue, il est même beaucoup plus facile (si on affronte nos émotions, condition sinequanone pour que ça fonctionne) de le faire de l'émotion à la psyché que dans le sens inverse, mais c'est un avis personnel que je ne saurai développer dans l'immédiat.

Cela me fait penser aux accords mets et vins. La majeure partie des gens font un repas, puis ils cherchent quelle bouteille ouvrir (alors qu'ils ne sont pas dans la bouteille et donc ne savent pas ce que ça donnera). Moi j'ouvre la bouteille de vin que je souhaite boire et je compose un menu en fonction du vin. Logique non ? Imaginer un peu que le monde soit à l'image des ces observations, que les gens passent leur temps à essayer d'adapter l'élément non-modulable à l'élément modulable, ça vous donne la mesure de l'ineptie environnante...

Bon je ne vais pas commencer à insulter les gens et à leur dire qu'ils font n'importe quoi. Il n'empêche que j'observe régulièrement à quel point les gens se compliquent la vie et je ne cesse de me demander pourquoi ? J'espère contribuer humblement à proposer des moyens de simplifier tout type d'informations susceptibles de vous aider...
Bien à vous...

 

Rédigé par Emilie Merienne

Publié dans #Développement de la Conscience

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simon 19/11/2014 11:02

L'article est joliment écris malgrès des concepts qui ne me sont pas directement familier . C'est une queston du siecle , relation entre corps et esprit qui commande l'autre et par quelle moyen?
Ce qui me gene dans le fais de dire que le corps et la genese des maux , c'est que l'esprit humain et Grand , il suffit de voir des Hommes qui poussent les limites du corps seulement avec force de l'esprit nager dans des eaux a - 5 degrés pendant des heures ou survivre sans manger pendant 3moi dans des conditions extreme ? Qui survivrais à part avec une force mentale hors du commun; Pour moi il n'y a pas de limite a '' l'ame "; l'esprit est infini, mais le corps lui etant fini..

Emilie Merienne 19/11/2014 11:37

Je suis d'accord avec la majeure partie de vos propos Simon, c'est juste qu'ils n'illustrent pas le sujet traité...D'autre part, j'aime rester ouverte concernant certains concepts, parce qu''ils ne sont pas compris, partagés par tout le monde et qu'il faut respecter les croyances de chacun. J'ai mes propres croyances et je ne souhaite nullement les imposer/dicter à quiconque... Le dépassement de nos limites, qu'elles soient corporelles (physiques), mentales (non-physiques) ou spirituelles (métaphysiques) existent sens aucun doute, de façon rare...
Je reviendrai sur votre phrase où vous pensez que je défends que le corps est la genèse des maux... Il faudrait définir ce que sont les maux, parce que ma croyance est : que le corps est la manifestation physique de nos maux non reconnus par la conscience... C'est à dire que lorsque l'esprit nie nos émotions, le corps va développer des maladies (mal à dire) des maux qui seront l'expression de ce qui n'est pas reconnu en nous consciemment. Bon c'est ma croyance et je ne l'impose à personne. C'est pourquoi le corps et l'esprit sont toujours liés puisque "soigné" l’esprit sans le corps, ou "soigné" le corps sans l'esprit, c'est prendre le risque que le problème ne soit pas réglé et revienne tôt ou tard. Et je vous dirai aussi que le corps a moins, ou n'a pas les limites que nous pensons, en allant justement dans le sens des exemples extrêmes que vous avez cités.
Merci pour votre participation et Bonne journée