Quelle relation entre le vin et la musique ? 2.

Publié le 17 Août 2015

Cet article fait suite à "Quelle relation entre le vin et la musique ? 1."

Le verre idéal, tel une salle acoustique parfaite....

Voici l'angle d'approche de Jean-Pierre Lagneau :

"Analogie vin-musique

 

J’aime tracer, entre le vin et la musique, un parallèle que je propose de mettre au service de ma vision du rôle du verre dans la dégustation:


Le terroir se compare à l’œuvre musicale, représentée par la partition écrite. C’est le potentiel en sommeil, avec toutes ses références de fond et de forme.


Aux cépages correspondent les instruments de musique, avec leur timbre et leur sonorité spécifique.


Le millésime, lui, est comparable au moment de l’exécution dans sa durée.


Les techniques de viticulture, de vinification et d’élevage répondent bien évidemment aux techniques instrumentales ou vocales.          


L’interprète et coordinateur de l’ensemble c’est le vigneron, au poste de chef d’orchestre.


Le verre, enfin, peut aisément se comparer à la salle de concert. C’est l’intermédiaire entre l’œuvre du vigneron et l’assemblée des amateurs (des auditeurs), le médium physique entre le produit d’une culture et le système psychosensoriel de l’œnophile (du mélomane), avec sa culture, ses habitudes et ses références propres.

 

Salle défectueuse - Verre déficient


Si la salle est inadaptée, l’auditeur ne percevra qu’une partie de l’information, l’orchestre aura du mal à se coordonner. Les différences de qualité sonore entre les différentes zones de la salle feront naître des appréciations disparates entre les différents auditeurs.

Si le verre introduit des colorations ou des distorsions aromatiques, s’il déforme la palette olfactive, l’harmonie du vin sera détruite. La bouche aura perdu sa relation harmonique à l’olfaction, le dégustateur se retrouvera en dehors de l’harmonie intrinsèque du vin. La bouche paraîtra molle, dure, asséchante, ou courte, sans rapport à l’olfaction initiale. La dégustation sera devenue frustrante et fatigante. La lecture du vin sera devenue une véritable gageure et les commentaires qui en seront issus ne permettront pas aux dégustateurs de partager leurs impressions de façon satisfaisante, sur une base commune clairement identifiable.

 

Salle parfaite - verre idéal


Dans une salle à l’acoustique parfaite, tous les auditeurs participeront à l’émotion générale sans effort.
Les intégrants de l’orchestre se coordonneront avec plaisir, décuplant la qualité émotionnelle de leur interprétation. À tout moment, il sera possible à chaque auditeur de choisir librement entre focaliser son attention soit sur l’ensemble soit sur l’un ou l’autre des instruments, sans perdre la relation de celui-ci à l’équilibre général. Aucune fatigue auditive ne se fera sentir.
Le partage des impressions deviendra aisé et gratifiant.

Dans le verre idéal, l’ensemble des sensations visuelles olfactives et gustatives s’harmonisera et permettra une lecture précise et exhaustive du vin, sur une base de références qui offrira aux dégustateurs la possibilité de partager leurs points de vue objectivement et avec profit. Chaque arôme sera identifiable parmi les autres tout comme le rôle qu’il joue dans l’équilibre général. Au lieu de lutter pour parvenir à faire une synthèse aléatoire de ses sensations, le dégustateur l’effectuera naturellement et sans fatigue. Il pourra concentrer son attention sur ce qui est son objectif final: l’appréciation du vin dans son équilibre naturel et le partage des sensations qu’il éveille en nous."

Bonne journée à Tous !

 

Rédigé par Emilie Merienne

Publié dans #Dossier J-P Lagneau

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vente vin 25/04/2011 15:05


Il manque juste le mélomane et son homoloque le dégustateur...