Dossier Botrytis Cinéréa, Article 2

Publié le 8 Novembre 2016

Précédemment nous avons eu le 1er article de ce dossier, composé de :
1°)  Présentation
2°)  Botrytis Cinéréa =  « Pourriture Noble » ou « Pourriture Grise »


3°)  Qu’est-ce-que l’histoire littéraire nous dit des vins liquoreux ?

 

1. L’Antiquité Greco-Romaine (environ 700 av J.C à 300)

Le premier mot trouvé et associé à la notion antique du vin liquoreux, était le mot grec « SAPROS », qui signifiait POURRI.

Les 1ères productions de vins, issus de vendanges tardives étaient nommées : « Saprias Oinos ».

D’après des écrits de Caton (234 à 149 av J.C), « pour faire de bons vins, il faut que le raisin soit cueilli mûr et même confit ». Les vins doux étaient des vins réputés qui accompagnaient « des moules en sauce, des palombes et des mauviettes, des poulardes aux asperges, des oursins et des huîtres ».

Une chanson de Virgile (70 à 19 av J.C), dans « les Bucoliques » disait : « Pour faire du bon, Vendanger le dernier »

Un auteur contemporain, Bernard Ginestet, suggère que la sur-maturité du raisin, par passerillage et / ou pourriture noble, fût recherchée, depuis les origines du vin.

Il semblerait donc, que depuis l’Antiquité, on pratiquait ce type de récoltes et qu’elles ne commençaient pas avant le mois d’octobre. Tout comme aujourd’hui, ces vins étaient plus une question de qualité que de quantité. Les raisins vieillissaient jusqu’à ce qu’ils soient confits, par le soleil.

Quoiqu’il en soit, il semble très probable et cohérent de penser, qu’une fois la culture de la vigne installée, dans le bassin méditerranéen, il était naturelle que l’expansion de cette dernière, amène tôt ou tard, par accident ou réflexion, à découvrir les vins liquoreux.

Et si contrairement à ce que l’on pense, les vins avaient été d’abord liquoreux, avant d’être secs ?

 

2. Fin du Moyen Age à la Renaissance

Des récits de Roger Dion (1896-1981), nous informent de la présence de vins liquoreux au 13ème siècle, en France, originaires du bassin méditerranéen, avec la Crète, Chypre, issus des cépages Muscat ou Malvoisie.  

Au 14ème siècle, apparaîtrait un autre liquoreux issu du cépage Grenache, dont l’origine serait la ville de Grenade.

Le Bassin Méditerranéen bénéficie de conditions idéales pour la production de vins liquoreux, de part son ensoleillement et les vents, permettant l’assèchement et une grande concentration des raisins (le passerillage).

 

Nous ne trouvons pas de traces écrites sur les vins liquoreux méridionaux français, avant le 17ème siècle. Alors que s’est il passé entre temps, comment nos vignerons d’antan sont ils passés de la production de vins secs à celle de liquoreux ?

Donc au 17ème siècle, on entend dire : « Muscat, Honneur de Frontignan ! ». La raison pour laquelle on suppose que les Muscats du Languedoc et de Provence étaient liquoreux, est leur prix, vendus à l’export, en Allemagne, en Angleterre, et en Hollande, ils étaient plus chers, et pouvaient être exemptés de taxes douanières, parce que considérer comme nécessaire à certains malades.

C’est vraiment à cette période, que les écrits se multiplient sur les vins liquoreux, mais aussi le terme « botrytisés », à travers les vignobles européens.

16ème siècle en Autriche-Hongrie, puis 17ème pour les 1ers « Tokaj Aszu » d’Hongrie, dans le Sauternais, avec la Maison Yquem, qui fixait les dates de vendanges vers la mi-octobre, et en Allemagne rhénane…

Au même moment, les vins du cépage Chenin, en Anjou, s’exportent eux aussi en Hollande et sont décris comme « doux ».

 

Nous manquons considérablement d’informations historiques sur les vins liquoreux, pour comprendre leur choix et méthodes,  mais ce n’est pas pour autant qu’ils n’étaient pas présents… Ce qui est sur, c’est que la nature ne nous a pas attendu pour jouer son rôle, on peut supposer que la vigne et le botrytis existent depuis l’origine des plantes…

Les livres nous donnent des indications, mais nous ne pouvons en vérifier la véracité, aussi restons prudent, quant aux indices recoupés…


Suivra l'article 3, qui conclue ce dossier. 

Bonne journée à Tous !

Rédigé par Emilie Merienne

Publié dans #Ô Vigne !

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