Le cépage Aligoté, histoire de Kir et de Bouzeron…

Publié le 22 Juillet 2013

aligote2.jpgC’est un fait le cépage Aligoté ne bénéficie pas de la notoriété, dont il pourrait se faire valoir. Pendant longtemps, ce cépage fût assimilé à l’apéritif Kir, et ce n’est que récemment que l’appellation Bouzeron lui permit de rayonner, grâce à la production de vins de qualité, comme celui du domaine Aubert & Pamela de Villaine.

Il n’y a que peu d’informations disponibles sur le cépage Aligoté, aussi voici brièvement :

● Ce cépage est donc d’origine bourguignonne, c’est le second cépage blanc, le plus cultivé, après le Chardonnay. Il est issu du croisement du Gouais blanc (disparu depuis longtemps), et du Pinot noir.

 

● Description :

Les grappes sont petites, de forme cylindrique, ou tronconique, moyennement compactes.

Les baies sont petites et sphériques, de couleur blanc vert à doré, suivant la variété d’Aligoté.

C’est un cépage précoce. Vigoureux, fertile et rustique, il se plait en coteaux, malgré qu’il soit majoritairement en plaine.

 

● Synonymes :

alligotay, alligoté, blanc de Troyes, carcairone blanc, carcarone, carchierone, chaudenet gras, giboudot blanc, griset blanc, mukhranuli, pistone, plant de trois raisins, plant de trois, plant gris, troyen blanc et vert blanc.

 

Le Kiraligote1.jpg

Le kir traditionnel est composé d'1/3 de crème de cassis de Dijon et de 2/3 de vin Aligoté.

Parce que le Chanoine Félix Kir a donné son nom à l’apéritif du même nom, très souvent il est dit qu’il a inventé sa composition, mais ce n’est pas le cas.

 

Félix Kir, en résumé :

La famille de Félix Kir était originaire d’Alsace, et s’installa en Bourgogne en 1870. Il est né le 22 janvier 1876 à Alise-Sainte-Reine, en Côte-d'or. Il fit ses études de théologie au Grand Séminaire de Dijon. Tout le long de sa vie, il occupa des postes au sein de l’église, et il devint un homme « politique », de par t les circonstances de la guerre, en 1940. A la Libération, il fût élu Maire de Dijon, puis Conseiller général, et député de la Côte-d'Or de 1945 à 1967.

De 1953 à 1967, il fût le Doyen d'âge de l'Assemblée Nationale. Il mourra le 26 avril 1968, à 92 ans. Commandeur de la Légion d'Honneur, en 1957, il restera pour les Bourguignons un personnage charismatique.

 

Histoire du Kir :

Le Kir ou le blanc-cassis ou le blanc-cass

Quand Félix Kir était maire, il offrait un blanc-cassis (blanc-cass) comme apéritif, à tous les visiteurs, qu'il recevait dans les Cuisines ducales.

En 1952, il donna à la famille Damidot, propriétaire de la société dijonnaise Lejay-Lagoutte, le droit d'utiliser son nom à des fins commerciales, pour la vente de « Kir ».

Ne souhaitant pas peiner les concurrents liquoristes de Dijon, par la suite, il leur permit de faire de même. Mais les Damidot se sentirent lésés, et ils firent valoir leur droit, du fait de l’antériorité, du don de Félix Kir. Après des années de procès, l'arrêt de la cour de cassation du 27 octobre 1992 fût rendu, déclarant l'appartenance exclusive de la marque « Un kir » à la famille Damidot. Depuis, ils sont en droit d'attaquer tous les établissements qui proposent sur leur carte « un kir maison ».

 

L’aligoté a fait le renommé du Kir, mais on ne peut pas dire l’inverse… L’Aligoté et le Kir, c’est comme les Crus du Beaujolais, qui souffrent de l’image du Beaujolais Nouveau, ou comme le Muscadet « qui n’est bon qu’à boire avec des huîtres », parce qu’il ne pourrait avoir un autre destin, que celui d’accompagner des huîtres… Ce genre de règles crée des habitudes, qui finalement ne font que stigmatiser le rôle d’un vin, l’enfermant dans une image, qui bien souvent ne reflète pas la réalité et son potentiel qualitatif.

 

J’ai découvbouzeron-copie-1.jpgert de fabuleux Bourgogne Aligoté qui valent et peuvent dépasser, sans souci, des vins de Chardonnay. Aujourd’hui l’appellation qui valorise la qualité des vins issus d’Aligoté est l’appellation Bouzeron. Mais le chemin ne fût pas simple pour faire reconnaître à l’INAO la notion patrimoniale de l’Aligoté sur cette commune et pour obtenir l’AOC, afin de pouvoir revendiquer leur terroir, à travers l’Aligoté.

L’histoire de Bouzeron ne date pas d’hier, ce village de la Côte chalonnaise a toujours cultivé et valorisé l’Aligoté, depuis que l’église de Cluny, au Moyen-âge, y a développé et étendu la viticulture.


La première étape pour cette commune fût de créer l’appellation « Bourgogne Aligoté Bouzeron », décrété en 1974, appellation à mi-chemin de l’AOC régionale et communale.

Puis en 1979, les vignerons obtinrent l’AOC Bouzeron, qui ne peut être produite qu’à partir d’Aligoté. Les vins produits sur la commune, en blanc à partir de Chardonnay ou en rouge à partir de Pinot noir, ne peuvent revendiquer l’AOC Bouzeron, ils seront commercialisés, sous l’AOC Bourgogne.

 

On ne le répétera jamais assez souvent ; un vin c’est le résultat d’un ensemble : nature, terroir, cépage, homme… Ne restons pas sur des aprioris, un grand vin d’Aligoté mérite mieux que d’être proposé et consommé en Kir. Il est souvent dit que ce cépage manque de finesse,  qu’il est pauvre en tanin, qu’il est peu parfumé, qu’il ne se garde pas, et qu’il est fait pour être bu dans sa jeunesse, mais tous ceux qui disent cela n’ont pas rencontré un « vrai vin » d’Aligoté. Donc comme toujours, je vous conseillerai de multiplier les expériences pour découvrir ces vins authentiques…

 

Voir : Autres cépages

Bonne journée

 

 

Rédigé par Emilie Merienne

Publié dans #Cépages français etc...

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Morgane 26/03/2016 15:32

Bonjour,

Je me permets de laisser un commentaire ici car je recherche d'où vient le nom d'aligoté. J'essaye de rechercher cette origine mais l'explication reste floue. Peut-être que vous pourriez m'éclairer. :)

Emilie Merienne 26/03/2016 16:06

Bonjour, désolée mais je n'ai pas non plus la réponse à votre demande. Bien à vous Emilie