Les VDQA : Vin De Qualité à teneur réduite en Alcool

Publié le 19 Août 2013

Comment sont-ils perçus ?

Ont-ils une différence gustative ?

Le consommateur est-il -pour ou contre- ?

 

Deux études ont été menées pour répondre à ces questions, voyons ce qu’il en ressort…

 

Rappelons qu’un VDQA, est un vin qui a été désalcoolisé, on a abaissé sa teneur en alcool naturelle, ou d’origine.

Par exemple, un vin qui contient un taux d’alcool volumique de 14%, après désalcoolisation, n’en compte plus que 9%.

 

Les résultats de la première étude, faite par l’Inra de Dijon, avec le centre de recherches de Pernod Ricard, portaient sur la perception psychologique de 79 consommateurs de vin français.

Sans avoir gouté les vins, face à l’information de vins désalcoolisés de 14 à 10% :

-         la moitié, d’entre eux, a un apriori négatif sur les VDQA, ils s’inquiètent de la qualité finale du produit et de son aptitude à la conservation.

-         environ 20% les acceptent, ils sont soucieux des problèmes de santé, liés à l’alcool et à l’état d’ébriété au volant…

-         et le reste n’a pas ou peu d’opinions.

 

A cette occasion, ils ont également fait un comparatif entre un groupe de dégustateurs néophytes et celui de professionnels, sur les VDQA. Les professionnels observent des différences, considérant les VDQA  « moins ronds, plus court et moins équilibrés » que le témoin non désalcoolisé.

 

La seconde étude fût menée par l’Inra de Montpellier, auprès de 129 dégustateurs néophytes, dans le but d’estimer le seuil d’acceptabilité des VDQA.

 

Lors d’une série de dégustations à l’aveugle, les 129 personnes ont mieux noté les vins entre 8 et 9% d’alcool que les vins à 12%.

D’autres tests furent effectués, à domicile, chez des consommateurs réguliers, sur la même base de dégustation,  et les résultats furent identiques, venant confirmer les premiers.

Ensuite, ils leur ont fait re-gouté les mêmes vins, en les informant des teneurs en alcool, et curieusement cette fois, ce sont les vins non « allégés » qui ont été légèrement mieux noté que les VDQA.

 

Ils ont demandé au panel :

Si un vin allégé à 12% reste un vin ; 80% ont répondu -oui-.

Si un vin allégé à 9% reste un vin ; seulement 1/3 ont répondu -oui-.

Si un vin allégé à 8% reste un vin ; un cinquième des 129 personnes a répondu -oui-.

C’est autour de 10%, que le seuil d’acceptabilité des VDQA semble le plus fort et le mieux perçu, par les consommateurs.

 

Ces questions ont également mises en évidence le fait que le panel tolère davantage une faible teneur en alcool pour les vins blancs et rosés, par rapport aux vins rouges.

 

En conclusion, gustativement, les VDQA sont perçus comme les vins de 12%. La réticence des consommateurs, pour ces vins, reste psychologique.

Les distributeurs devraient avoir conscience de ces données, pour informer correctement les consommateurs et améliorer l’image des VDQA.

Dans l’avenir, la communication portant sur la teneur en alcool, pourrait devenir un critère d’achat de poids pour les consommateurs.

Dans l’immédiat, de nombreux aprioris doivent encore être dépassés, pour pouvoir convaincre consommateurs et prescripteurs, sur ce type de produits.

 

Et vous, que pensez-vous des VDQA ?


Etes-vous pour ou contre ?
Pour
Contre


 

Bonne journée

 

Voir : Alcool croissant dans le vin, une solution : la désalcoolisation

Rédigé par Emilie Merienne

Publié dans #Vu dans la Presse...

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Marcel 16/06/2014 08:55

Y a t-il une liste de producteurs de vins VDQA ?

Emilie Merienne 16/06/2014 12:12



Bonjour Marcel,


voici ce que j'ai trouvé, mais je en connais pas, donc je ne saurai garantir, une quelconque qualité...


http://www.vin-sans-alcool.com/


http://www.boisson-sans-alcool.com/marques_vin-sans-alcool.html


http://www.vinup.com/vin_sans_alcool.lasso?&recherche=vin%20sans%20alcool&titre-page=Le-vin-sans-alcool-est-un-vin-desacoolise&page=Le-vin-sans-alcool-est-un-vin-desacoolise


Si vous testez, n'hésitez pas à nous faire un retour, Merci !


 



Philippe Margot 22/08/2013 20:38

Chère Emilie,
Les vins sans alcool font leur apparition sur les tables de certains restaurants. Ces produits ne sont pourtant pas si neufs, mais ils cherchent désormais à séduire ceux qui n’ont pas pour habitude
de consommer du vin durant leurs repas. Le vin non alcoolisé n’est autre qu’un vin désalcoolisé, dans la mesure où cette appellation peut être employée lorsque le degré d’alcool ne dépasse pas les
1% à quelques degrés.
En Espagne cette boisson a commencé à apparaître sur les cartes de restaurateurs, comme alternative aux eaux minérales et autres sodas. Cependant, ce « vin » n’est pas un jus de fruits dans la
mesure où il est passé par le stade de la fermentation. Ce produit dérivé du vin conserve les arômes du vin, mais perd ses senteurs et ses saveurs.
La loi Evin, en matière d’alcool, a certainement une influence sur les habitudes des consommateurs et au final sur la production. Le vin désalcoolisé ne devrait pas conquérir des parts de marché
sur le marché du vin dans la mesure ou la perception du consommateur à son égard ne sera pas comparable à celle du vin de façon générale.
En conséquence, le vin désalcoolisé cible une clientèle qui ne consomme pas d’alcool pour des raisons de santé, de croyances religieuses ou tout simplement par choix personnels. Certains
viticulteurs produisent des vins à faible quantité d’alcool par choix stratégiques afin de répondre aux besoins d’une clientèle jeune et féminine : moins d’alcool = moins de calories ! La
perception des consommateurs à l’égard de ce produit évolue peu à peu ; en effet, le vin désalcoolisé commence à être acheté pour le plaisir au même titre que le vin.
En conclusion, la désignation officielle du produit est « boisson à base de vin désalcoolisé », cela permet de souligner la distinction avec le véritable vin.
Meilleurs messages,
Philippe

Philippe Margot 20/08/2013 07:57

Les arômes du vins étant, si je ne me trompe pas, contenus dans l'alcool, la désalcoolisation ne peut pas être un facteur favorable ?
Qu'en pensez-vous ?

Emilie Merienne 22/08/2013 11:19



Bonjour Phillippe, je manque d'expérience sur ce type de vins pour pouvoir me prononcer... Ce que j'ai fortement constaté c'est que "consommer" n'est pas "analyser". Quand on boit un vin, a-t-on
vraiment le temps de nous demander si les arômes sont nombreux, quelle est leur qualité ou leur intensité ? Ces vins ne sont pas destinés à être des vins de dégustations, mais de consommations,
alors si la structure est équilibrée et que les arômes sont nets, que demander de plus ?


Bien à vous Emilie