Nouvelle modification règlementaire, une de plus !

Publié le 11 Octobre 2009

Depuis le 1er août 2009, de nouvelles directives sont appliquées en France, suite aux modifications décidées par la Commission européenne. Cette fois, cela concerne la réglementation, liée à l’étiquetage des vins.

 

Vous avez sans doute constaté que de nombreux vins inscrivaient sur l’étiquette, ce que l’on nomme un « lieu-dit ». Un « lieu-dit » ou « climat » en Bourgogne, c’est une zone géographique délimitée, une parcelle située sur une aire d’appellation.

Bourgogne Ainsi un propriétaire dont les vignes sont situées sur un « lieu-dit », peut l’indiquer sur l’étiquette, dans le but de préciser l’origine exacte de production de son vin.

 

Les « lieux-dits » peuvent être considérés comme une valeur ajoutée, à la vente, lorsque ce dernier est très réputé, ou ils peuvent être une manière de découvrir une région, une appellation plus en profondeur.

Cela est très abstrait lorsque l’on ne connaît pas nos régions, mais lorsque l’on se promène sur les routes et chemins de France, on s’aperçoit assez vite, qu’en province, les « lieux-dits » font partie, intégralement, de notre patrimoine. Ils seraient l’équivalent de nos quartiers en ville, mais à une échelle bien plus vaste et ancienne. Ces « lieux-dits » sont des repères géographiques. Généralement, ils sont nés d’une histoire régionale, d’un évènement, mais la transmission culturelle, n’ayant pas toujours été perpétuée, leur origine tombe dans l’oubli et sont souvent méconnue.

En traversant une région viticole, en lisant sur les panneaux un nom de « lieu-dit », vus sur une bouteille que vous appréciez, vous vous diriez : « ah, c’est là, l’endroit que nous connaissions, sans l’avoir encore jamais vu, de nos propres yeux ».

Quand on connaît le lieu de production d’un vin, on le voit sous un nouvel angle, parce que ces informations viennent compléter notre perception et notre compréhension du vin. Il apporte de la matière à notre imaginaire et à notre sensibilité. Un lieu développe nos sens, de là, on observe, on écoute, on sent, on ressent, la terre, l’air, l’atmosphère générale, ou chacun des détails présents…

 

Pour compléter l’information sur les « lieux-dits ».

Il en existe partout, mais je ne pense pas me tromper en disant que la région qui en possède le plus est la Bourgogne. Parce qu’ils sont une caractéristique règlementaire de cette région.

Gevrey-Chambertin 1er Cru Presque chaque appellation possède un ou des « climats », tous les 1er Crus peuvent être ou non suivi du nom du « climat », quant aux noms des Grands crus, ils correspondent tous à des noms de « climats ». Ce sont eux qui bénéficient d’une notoriété internationale, parce que le nom du « climat » est le nom du vin, de l’appellation.

Le seul équivalent à cette spécificité bourguignonne, serait les Châteaux classés, dans le Bordelais, dont je trouve la lecture beaucoup moins claire.

 

Auparavant, lorsqu’un « lieu-dit » était inscrit sur l’étiquette, cela signifiait que la vendange était issue à 100% du « lieu-dit ». Cette « mention » valorisait la notion de terroir.

Chambertin Grand Cru Désormais, grâce à l’Europe, un vigneron peut mentionner un « lieu-dit » si la vendange en est issue à 85% minimum. Les 15% restants, proviendront de l’aire d’appellation d’origine.

 

Ce n’est pas encore dramatique me direz-vous, mais cette mesure impacte directement sur la valorisation de nos terroirs… Ils entrent par la petite porte, pour un jour, en arriver où ? L’avenir m’inquiète, l’Europe touche à chaque détail qui fait notre exception. Déjà que nos vins sont chers, mais s’ils ne sont plus ni exceptionnels, ni  à caractère « français », je me demande sérieusement, sur quels arguments concrets, nous aurons un avantage…

 

D’autre part, il n’est pas précisé si cette nouvelle autorisation européenne ne concerne que les « lieux-dits », qui ne sont pas liés directement à une AOC, ou si elle est applicable à tous les niveaux. Cette question est importante, puisque les conséquences sont bien différentes pour l’AOC Coteaux Varois « Le Clos de la Truffière », du Domaine du Deffends,  ou pour l’AOC Romanée-Conti, du Domaine du même nom. Pour se démarquer, peut être que certains vignerons se mettront à inscrire une information de plus sur leur bouteille,  en marquant « issu à 100% du « lieu-dit […] ».

 

En tout cas, rien n’est pas figé, la filière vitivinicole ne compte pas en rester là, et souhaite débattre de cette question au niveau nationale, avec notre administration, pour essayer de préserver notre législation initiale. Affaire à suivre…

 

Bonne journée

Rédigé par Emilie Merienne

Publié dans #Règlementation et le Vin

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