Zoom sur la notion de « Climat » en Bourgogne

Publié le 9 Février 2014

Suite à l’interview de Jacques Puisais sur la notion de terroir, par association d’idées, j’ai eu envie de vous présenter une partie des informations que m’a communiquées Bernard Hudelot, du Château de Villars-Fontaine, sur l'histoire et la notion de « Climat » en Bourgogne. Le texte étant assez long, je l'ai divisé en 3 parties, voici la  1ère partie ;

 

Par Bernard Hudelot :

 

Le mot « Climat » est clair dans son étymologie, son expression… Sa définition a été employée vers le 14ème siècle et jusqu’à la fin du 19ème, début 20ème pour définir un lieu. Plus précisément, au sens primitif, le « Climat » désigne un lieu, où les conditions climatiques sont plus favorables, que dans un autre lieu assez proche de celui-ci.

 

Depuis toujours, les travailleurs des campagnes ont donné des noms aux lieux, qui très souvent, sont devenus des « Lieux-dits » à la création du cadastre au début du 19ème siècle.

Nos anciens, vivant très proche de la nature, observaient tout avec beaucoup de curiosité et plein de bon sens. Ils avaient bien remarqué que certaines zones donnaient plus régulièrement des raisins de meilleure qualité, produisant de ce fait de meilleurs vins aux caractères bien particuliers et spécifiques.

 

Le « Climat » résulte d’abord des conditions météorologiques d’un ensemble de petites zones, puis secondairement de cépages, d'hommes, d’un savoir-faire…

 

Pour ces zones, situées à la même altitude, bien orientées de l’est au sud-ouest, le seul facteur différenciant était le « Vent ».

Ainsi, il est très clair en observant le milieu que les zones les mieux abritées ont donné, à quelques centaines de mètres près, les vins les plus renommés.

On pourrait faire la carte topographique de toute la Côte et vérifier presque systématiquement cette évidence.

 

Prenons un exemple au hasard : Pourquoi Vosne Romanée a autant de Grand Crus et pourquoi Nuits St Georges n’en a pas ?

La seule véritable explication plausible est que Vosne Romanée est située dans une petite cuvette protégée par une légère remontée du sol sur Chambolle. Le vignoble est donc ainsi plus à l’abri des vents du nord, tandis que Nuits st Georges les reçoit de pleine face ; ces vents froids sont perturbés par le courant froid descendant à l’ouest de la Vallée de la Serrée et créent ainsi un microclimat plus froid à Nuits St Georges qu’à Vosne Romanée. On pourrait aisément multiplier ces exemples : comme le Musigny en contre-pente, et à Pommard les 1iers Crus sont à l’abri en partie basse….

 

Scientifiquement, je l’ai enseigné pendant 24 ans à l’Université, le Vent fait changer « d’état » l’eau liquide qui sort des stomates des feuilles de la vigne en la vaporisant. Ce changement « d’état » absorbe dans l’environnement 80 calories par gramme d’eau. Aussi le froid n’existe pas, c’est la chaleur qui s’en va. Cette chaleur ainsi absorbée fait donc baisser  la température environnante et les vignes dans le vent ont ainsi un climat plus froid que celles mieux abritées.

Ce phénomène physique a bien moins d’importance, si la moyenne thermique de la région est assez bonne, voire forte. Dans d’autres régions plus chaudes, le vent est le facteur favorable pour éviter les excès de chaleur. (Exemple : les Pouilles en Italie, Le Myamar, le Xintiang en Chine…)

 

Suivront les 2 autres parties du texte de Bernard Hudelot… (partie 2 et partie 3)

 

Bonne journée

Rédigé par Bernard Hudelot / Emilie Merienne

Publié dans #Histoires et vin...

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Philippe Margot 10/02/2014 20:50

La Bourgogne – ou, soyons précis, « les climats du vignoble de Bourgogne, associés aux vignobles de Dijon et de Beaune avec leurs clos, leurs « murgers », leur bâti caractéristique » sont présentés
au titre des biens culturels « inscrits dans une histoire façonnée par les institutions politiques et religieuses (Palais ducal de Dijon, Hospices de Beaune) ». Le vignoble fait pour sa part valoir
une organisation marquée par un grand nombre de lieux-dits, délimités par des murets d’une grande qualité paysagère.
Nous nous réjouissons s'ils entrent au patrimoine mondial de l'UNESCO comme prévu en 2015.
Nous avons Lavaux sur les rives du lac Léman en Suisse qui s'y trouve déjà (2007). 2 vignobles très proches voisins, d'ou un synergie de visites des œnophiles du monde entier.