Millésime Vin, Qu'est ce une "Bonne ou Mauvaise" Année ?

Publié le 19 Avril 2014

Normalement, ce que nous appelons « bonne année », c’est lorsque la nature nous donne un beau raisin ; ces années-là, le climat et dame nature auront été généreux avec nous pour nous offrir un fruit mur et l’abondance.

Partant du principe que nous avons un fruit de meilleure qualité que lors des « mauvaises années », je préfère le terme « année difficile » d’ailleurs à « mauvaise année », nous pensons que le vin, ces années-là, sera par conséquent de meilleure qualité également.

Vrai et faux, pour la simple et bonne raison qu’un vigneron consciencieux le sera toujours, au même titre que celui qui ne l’est pas. Donc afin de ne pas se reposer sur l’effet millésime, il est important de garder à l’esprit la notion de propriété.

D’autre part, j’aimerai attirer votre attention sur un autre aspect. « Bonne année » est une notion relativement subjective, chaque « bonne année » donne des raisins ayant quand même des particularités différentes, parce que le cep tout en étant le même est différent, il a pris un an de plus, pendant cette année, il s’est passé des choses qui influent…

Concrètement, un vin d’une « bonne année » c’est quoi ?

Peut-on dire qu’une année a une ou des caractéristiques ?

Ces caractéristiques correspondent-elles à notre goût ou pas ?

Je vais vous donner un exemple : Le millésime 2005 a été encensé par la presse.

Le fruit était bien mur et on considère cette année facile.

Pourtant, cela n’enlève rien des différences d’une région à une autre, d’un cépage à un autre, d’un vigneron à un autre.

Personnellement, j’aime peu le millésime 2005, j’ai une préférence pour les vins pleins de fraîcheur, ayant une structure assez présente et puissante, des vins peu charmants, limite austères dans leur jeunesse, mais qui ont un potentiel de garde, d’évolution, qui en ont sous le plancher parce qu’ils ont quelque chose à raconter.

Et bien, il y a beaucoup de 2005 qui ne me plaisent pas à cause d’un certain manque de fraîcheur, je les trouve même trop murs, trop lourds, trop compotés.

Sauf chez les vignerons que j’apprécie, ceux là ont su ne pas se reposer sur l’effet millésime.

La question est toujours la même, qu’aimons nous et pourquoi ?

A mes yeux, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises années, il n’y a que des millésimes que l’on adore ou préfère, que l’on aime moins, ou que l’on déteste.

Pour connaître globalement les particularités d’un millésime, c’est toujours pareil, il faut gouter beaucoup et observer les similitudes. Mais pour observer ces similitudes, il faut également avoir un comparatif avec des années précédentes. Le plus simple est de toujours gouter les mêmes produits pour ce genre d’observations, afin d’avoir un référent, sinon cela peut partir dans tous les sens.

En tout cas, on en revient toujours au même, si vous connaissez vos goûts et pourquoi, alors vous aurez plus de facilités pour reconnaître les millésimes qui vous procureront plus de plaisir.

Un millésime jugé « bon » ne garantit pas de convenir à vos goûts. Il faut en avoir conscience.

C’est également dans les années difficiles que l’on reconnaît les « bons » vignerons. Parce que les années difficiles obligent l’homme à être créateur pour obtenir la qualité, malgré les handicapes de départ. Dans les années généreuses, faciles, c’est plus compliqué de détecter les « mauvais » vignerons, puisqu’ils ont été gâtés par la nature, et pas forcément parce qu’ils le méritent, pas forcément parce qu’ils ont travaillé pour…

Lors d’un conseil, pouvoir exprimer vos goûts permettra une réponse adaptée par rapport aux millésimes qui seront les plus susceptibles de vous satisfaire.

Bonne fin de journée !

Rédigé par Emilie Merienne

Publié dans #La Dégustation

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