Comment détermine-t-on la qualité d’un vin ?

Publié le 24 Avril 2014

Définition de qualité :

1.      Manière d’être, bonne ou mauvaise, de quelque chose ; état caractéristique. (Qualité d’une étoffe, d’une terre…)

2.      Supériorité, excellence en quelque chose (préférer la qualité à la quantité)

3.      Ce qui fait le mérite, la valeur de quelqu’un sur le plan moral, intellectuel, vertus, aptitude…

4.      Condition sociale, civile, juridique, etc. (en qualité de …)

 

Je mettrai de côté les points 3. et 4. de la définition, et commencerai par soulever cette question ; à votre avis, lorsqu’on dit « comment détermine-t-on la qualité d’un vin ? », pensons-nous au point 1., ou au point 2. de la définition, derrière le terme qualité, voire aux deux.

Personnellement derrière le terme qualité d’un vin, je pense à son état caractéristique (point 1.), mais je vais répondre à cette question, à partir des points 1. et 2. de la définition.

 

Nous pouvons déterminer la qualité d’un vin de façon objective et subjective.

 

De façon objective,  il s’agit de maitriser la dégustation organoleptique, afin d’être capable d’identifier l’état caractéristique (point 1.) du vin, ainsi nous constatons les qualités propres au vin, à partir de son état ; nous nous contentons d’observer des faits, il est ceci, ou cela, et à aucun moment, à partir de ces qualités observées, on ne définit si le vin possède une qualité globale supérieure au sens du point 2. de la définition.

 

De façon objective, on ne peut définir le vin à partir du point 2., parce qu’il n’existe pas de référent officiel qui présenterait une grille de qualités, où le vin, en fonction de ces qualités pourrait légitimer une place, au sein de cette échelle qualité.

Si ce référent existait, nous pourrions décréter une hiérarchie de la qualité des vins. Mais un tel référent ne peut exister, déjà d’une parce qu’idéologiquement, il est peu probable que tous les pays producteurs arrivent à se mettre d’accord, ensuite, si l’on est réaliste,  comment pourrions nous garantir par un tel système que tous les « meilleurs » vins plairont à tous les consommateurs, et que tous les « mauvais » vins déplairont à tous les consommateurs ?

Et bien nous ne le pouvons pas, le vin est une affaire de goût, et nous constatons déjà au quotidien que la notion de qualité (point 2.) ne peut être que subjective.

 

Nous ne pouvons pas nous mettre d’accord sur la détermination de la qualité d'un vin, mais nous sommes d’accord sur ce qu’est un défaut majeur ; ce dernier est un motif sérieux et indiscutable, pour établir unanimement qu’un vin est inconsommable. Le motif sérieux n’est pas subjectif, il est objectif. Un motif subjectif sera : « ce vin ne me plait pas », un motif objectif est : ce vin tourne au vinaigre, il est donc inconsommable.

Donc nous pouvons déterminer objectivement ce qu’est un vin inconsommable.

 

De façon subjective, je pense que vous aurez compris, que nous pouvons déterminer la qualité d’un vin, à partir des 2 points de la définition, que nous exprimions une analyse personnelle des qualités du vin, ou une opinion globale, du type « bon vin ». Dans ce cas, il s’agit ni plus ni moins, que de notre perception, ressenti, ou opinion.

 

Je terminerai sur le dernier aspect de cette question de la qualité du vin, il s’agit de l’idéologie. Il y a le vin en tant que produit concret, son goût, on l’aime ou non, et il y a ce que doit être un vin pour vous, c'est-à-dire comment doit-il être fait et quelles qualités doit-il réunir pour être votre vin idéal. Cet aspect ne peut être que subjectif. Il est intéressant de se poser la question, et d’essayer d’y répondre personnellement.

 

En conclusion, déterminer la qualité d’un vin de façon subjective, c’est parler de soi, de ce que l’on ressent, de ce que l’on pense ; de façon objective, c’est parler de l’état du vin, de faits réels et vérifiables par d’autres moyens que la dégustation organoleptique.

Ma seule mise en garde concerne la confusion qui existe entre objectivité et subjectivité. De nombreuses personnes s’expriment mal, aussi elles parlent du vin pour parler d’elles et ne savent tout simplement pas s’exprimer personnellement, sans imposer aux autres leurs opinions. C’est en vous entrainant à identifier vos sensations et en apprenant à les nommer, que vous pourrez être en mesure d’exprimer vos pensées et opinions, afin de partager avec les autres votre perception du vin, sans leur imposer, tout en restant à leur écoute. Quant aux professionnels, guides et livres sur le vin, s’ils vous transmettent leurs avis subjectifs, la seule chose que vous apprenez c’est ce qu’ils pensent et non ce que vous devez penser, ne l’oubliez pas, vous n’êtes pas eux, ils ne sont pas vous, et ce qu’ils disent d’un vin, n’est pas forcément ce que vous en diriez.

Votre boulot est de vous connaître, notre boulot est de connaître les vins pour vous proposer ceux qui vous correspondent.

 

Bonne journée

Rédigé par Emilie Merienne

Publié dans #La Dégustation

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M.D 26/03/2015 13:04

J'apprécie vos commentaires.
Pour ma part, quant un vin est appréciable au nez et bon en bouche, c'est un vin très bien élaboré.

Julien 08/04/2014 10:25

Pour trouver un grand homme les princesses doivent embrasser beaucoup de crapauds, pour trouver un grand vin c'est la même chose. Et je partage votre analyse sur les grands noms du vin qui ne sont
pas synonymes de plaisir pour tout le monde. Pour éviter les déconvenues rien de tel qu'un caviste de quartier passionné et connaissant ses produits et ses clients.
Au plaisir de vous lire