La couleur du vin influence notre perception

Publié le 23 Février 2015

Maria-Pilar Saenz-Navajaz, de l’université de La Rioja, en Espagne, a cherché à mettre en évidence un lien entre la couleur du vin, et son évaluation par le consommateur.

 

Dans un premier temps, la scientifique a mesuré l’intensité colorante et la quantité de chaque couleur primaire (jaune, rouge, bleu) dans des vins rouges espagnols.

 

Dans un second temps, un groupe de dégustateurs a évalué la robe, le profil aromatique et gustatif des vins sélectionnés.

 

Les vins qui ont été le mieux notés, sont ceux qui contenaient le plus de pigments rouges, et le moins de pigments jaunes et qui étaient sombres.

 

Au vu de ces résultats, on peut supposer que les vins rouges pâles et transparents n’attirent pas les consommateurs, ainsi que les vins âgés, puisque ce sont ceux là qui possèdent des notes tuilées, soit du rouge avec des touches de jaune prononcées.

Au-delà de ne pas les attirer, ils sont clairement assimilés à une qualité moindre par rapport aux vins rouges sombres.

Mais rappelons que nous sommes en Espagne, avec des vins espagnols et j’imagine assez mal un vin espagnol avec une couleur pâle…

 

Est-ce que les français auraient noté de la même façon ? Bien évidemment, je ne sais pas, mais il est vrai que suivant les raccourcis que nous avons entre couleur et qualité, cela peut influencer notre perception.

 

Bonne journée

Rédigé par Emilie Merienne

Publié dans #Vu dans la Presse...

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Eric38fr 27/02/2015 09:39

Deux points :

* La théorie trichromatique de la vision, basée sur nos usuellement trois types de cellules rétiniennes sensibles aux couleurs, et la technologie des écrans couleur (prenez une loupe x10 et jetez un oeil au premier écran que vous trouvez), définissent comme couleurs primaires le rouge, le bleu et... le vert (cf. le célèbre "RVB"…). En synthèse additive (mélange de lumières colorées), le jaune est la somme du rouge et du vert. Du coup, "mathématiquement" on peut définir une base de description de sensations colorées par les couleurs rouge, bleue et jaune, Pourquoi pas si cela s'y prête mieux en ce qui concerne les vins ? Du point de vue de la physique, une couleur peut ne pas se limiter aux trois caractéristiques sensorielles RVB, mais s'élargir avec la notion de spectre. C'est un domaine scientifique que je n'ai pas creusé, je m'en étonne moi-même, mais mon expérience de la spectroscopie me fait penser qu'il y aurait peut-être des choses intéressantes à y trouver. Après tout, un spectrophotomètre ne coûte pas très cher.

* En analyse sensorielle, on utilise parfois des verres noirs, pour une dégustation réellement à l'aveugle ! J'en ai moi-même une paire, acheté auprès d'un caviste différentiel et itinérant de mes amis ("le Gitant"), et ils servent finalement plus que de coutume, notamment en initiation, ou lors de dégustations un peu pointues…

vente vin 23/05/2011 17:39


Mercie Emilie pour cette réponse pertinente.


vente vin 23/05/2011 16:52


La perception de la couleur peut sans doute avoir une influence sur le jugement mais je pense que c'est bien mineur en rapport du nez et du palais. Je me trompe ?


Emilie Merienne 23/05/2011 17:06



Bonjour,


Qu'il s'agisse de la couleur, du nez ou de la bouche, si on considère certains faits, fondés ou non, comme critères déterminant la qualité, cela influence notre perception, positivement ou
négativement ; lorsque les faits sont fondés, je dirai que c'est bien, lorsque ce n'est pas le cas, cela signifie que notre subjectivité nous influence négativement et là c'est dommage si nous
n'en avons pas conscience.


En France aussi nous avons de nombreux aprioris sur la teinte qu'un vin doit avoir, à tel point qu'un vin rouge trop pâle peut se voir refuser l'AOC, sur ce seul motif, cela peut être le cas
aussi pour les rosés trop foncés, ou trop clairs...


Donc je suis assez d'accord avec vous, le nez et la bouche sont les étapes les plus importantes pour observer un vin, dans le cadre d'une consommation "normale", maintenant j'emets un léger bémol
sur le nez, parce que de nombreux verres déforment le nez, ce qui fausse l'observation que l'on peut en avoir.


D'autre part, j'ai eu l'occasion de participer en tant que juré à des concours de vins et j'ai pu observer que certaines personnes face à des nezs originaux, mais sans défaut majeur, notaient les
vins "non dégustables" sur le simple fait qu'elles n'aimaient pas le nez, alors que ni le nez, ni la bouche ne possédaient de défauts majeurs, alors quand on pense que ces gens dégustent
régulièrement et sont des jurés, on voit bien que cela n'a pas beaucoup de sens dans la réalité...


Bonne journée