Aujourd’hui, je vais aborder un sujet délicat, qui peut en faire sauter plus d’un au
plafond… Il s’agit de l’utilisation des copeaux de bois, pour « boiser » les vins.
Les consommateurs ne sont pas toujours informés correctement, mais cette pratique
contrairement à ce que l’on pourrait penser, est tout à fait légale en France.
Je précise que jusqu’à présent, elle était autorisée uniquement sur les vins
« finis »
A partir du 1er août 2009, elle sera autorisée sur les moûts, pour
l’élaboration et l’élevage des vins.
Cette décision était attendue et complète la première autorisation. Il semblait
incohérent pour certains vignerons de pouvoir l’appliquer à une étape du vin et pas aux autres.
Le débat est vif, certains sont satisfaits, d’autres indifférents ou
révoltés…
Quoiqu’on en pense, cette méthode
donne une solution aux vignerons qui ne bénéficient pas de moyens suffisants pour investir dans des fûts de chêne.
Cela leur permet d’être concurrentiels à l’international.
Cette pratique, nouvelle dans l’histoire du vin, demande peut être de nombreux
tests, avec analyses et observations, pour avoir du recul et maîtriser cette sorte d’outil œnologique du vin.
Personnellement, j’ai une forte barrière psychologique sur l’utilisation des copeaux
de bois.
Par contre, concrètement, je ne connais que peu les résultats que l’on peut espérer
de cette pratique.
Je n’ai pas eu l’occasion de comparer des vins élevés en fût et ceux avec
copeaux…
Aussi, du point de vue organoleptique, y-a-t-il une différence flagrante ?
Quelles conséquences réelles sur le vin, sur le plaisir, le corps du consommateur ?…
Finalement, si nous consommons un vin qui a subit une « infusion » de
bois, quels éléments pourraient nous alerter, si nous ne le savons pas ?
Les étiquettes de vin sont déjà surchargées d’informations plus ou moins
utiles.
Faut-il inscrire sur les bouteilles, « produit à partir de copeaux de
bois » ?
Le but : Est-ce la transparence ? Est-ce permettre le choix d’achat
conscient ? Est-ce valoriser l’élevage en fût de chêne, en comparaison de l’utilisation des copeaux ? Peut être tout à la fois…
Pourtant il est bien question de savoir ce que l’on consomme, quelque soit l’angle
de vue.
Si nous souhaitons consommer correctement au quotidien, nous devons déjà lire les
ingrédients présents dans les aliments que nous achetons.
Même si cela multiplie le temps passé, pour faire nos courses, ne serait-il pas
intéressant de savoir lorsque l’on achète un vin, d’où il est issu de A à Z ?
Je montre souvent du doigt les vins « bio », parce que ce n’est pas le vin
qui est « bio » mais le raisin cultivé.
Par exemple, dans le cas d’un viticulteur, certifié « bio », qui
utiliserait cette pratique œnologique. Pourrait-on considérer, que son vin est « bio » ?
On peut aussi se demander : Pourquoi avoir un raisin de qualité
« bio », pour ensuite le boiser, grâce aux copeaux ? Serait-ce encore un vin cohérent avec le « bio » ?
La solution de la transparence, n’est pas parfaite. Mais elle a le mérite d’être
responsable, consciente.
Dernièrement, nous avons échappé de peu à l’autorisation du coupage, pour faire du
rosé.
Mais si cela avait été mis en place, une indication sur l’étiquette nous aurait fait
savoir, quel vin était issu du coupage. A partir du moment, où le consommateur a le choix, et bien j’ose espérer qu’il choisira. Puisque la possibilité de ne pas regarder ce que l’on achète,
existe encore.
Dans l’immédiat, aucune demande de transparence, pour le consommateur n’a été
faite.
Aussi, nous n’avons pas de moyens de savoir, si le boisé du vin est dû à un élevage
en fût ou aux copeaux. A moins bien sur, que le vigneron informe spontanément ses clients.
Alors, OK à certaines nouvelles méthodes œnologiques, pourquoi pas, il faut être
ouvert d’esprit, mais je pense que l’on doit permettre aux consommateurs de choisir, quel produit il veut consommer en toutes connaissances de causes.
Bonne journée à Tous !
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